« ACABOU-SE O SILÊNCIO | Entrada | PALAVRAS PARA QUÊ? É uma empresarialização à Portuguesa »

novembro 02, 2003

LE MONDE - tv americana para o Iraque

Washington lance une chaîne de télévision pour séduire le monde arabe
LE MONDE | 31.10.03 | 13h55
Comme Radio Sawa, qui couvre presque tout le Maghreb et le Proche-Orient, ce projet télévisuel ambitionne, à partir des Etats-Unis, de redorer l'image de l'Amérique.

Plus que jamais, en pleine occupation militaire en Irak, la Maison Blanche poursuit ses efforts pour redorer l'image de l'Amérique dans le monde arabo-musulman. Après avoir lancé, en mars 2002 à partir de Washington, Radio Sawa, qui couvre aujourd'hui presque tous les pays arabes, et après avoir mis en place le mensuel pour jeunes Hi dans les kiosques des grandes villes arabes au cours de l'été 2003, Middle East Television Network Arab (Metna), une chaîne de télévision américaine en langue arabe, est annoncée pour "la fin du Ramadan", c'est-à-dire en décembre. Avant de partir à l'assaut de ses concurrentes arabes Al-Jazira et Al-Arabiya, la future télévision américaine s'est donc déjà adaptée au calendrier musulman.


Comment l'opération est-elle perçue dans les pays arabes ? "Les Américains agissent sur le front médiatique comme sur le front militaire. Ils ont les moyens d'occuper le terrain, mais pas forcément de se faire entendre ou de se faire comprendre", résume, au Caire, un éditorialiste libéral peu suspect d'antiaméricanisme. Publiée par Al-Ahram Hebdo, l'opinion de l'universitaire Ahmed Loutfi est plus radicale : "L'administration américaine ne se trompe-t-elle pas en faisant l'amalgame entre ce qui a marché auparavant et ce qui pourrait se réaliser à présent ? Devenue une puissance agressive et conquérante, l'Amérique ne peut plus plaider de la même manière qu'elle le faisait du temps de l'URSS."

Dans le même journal, et sous le titre "Le plan Marshall des cerveaux", le journaliste Samar Al-Gamal ironise, lui, sur le contenu du magazine Hi, un "grand projet d'offensive del'administration Bush sur les coeurs des jeunes Arabes (...) pour diminuer le niveau de l'antiaméricanisme".

Dans les embouteillages du Caire, un chauffeur de taxi écoute Radio Sawa : "Elle programme de la bonne musique, mais pour les informations, je préfère regarder les chaînes satellitaires arabes", dit-il, prudent. Il explique en riant : "L'Egypte, qui a autorisé Radio Sawa à émettre chez nous, a été obligée d'autoriser aussi les radios privés égyptiennes." Ainsi, après l'arrivée de Sawa, s'est créée une autre radio, du même format, pour la concurrencer : Stars FM. "Tous les jeunes l'écoutent !", affirme le chauffeur.

A Washington, les promoteurs américains de Radio Sawa affichent leur satisfaction et des résultats exceptionnels. Selon un sondage commandé par Sawa, réalisé en juillet et août, en moins de deux ans, la station américaine aurait quadruplé son audience au Qatar chez les moins de 15 ans. Du Caire, ces chiffres sont pris avec prudence. Une source diplomatique française nuance : "Même si ces audiences sont gonflées, la réussite de Sawa est indéniable. Cette station s'est donné les moyens pour se faire entendre. Dans la majorité des pays de la région, mis à part le Liban, elle a réussi à supplanter des radios comme -la britannique- BBC ou -la française- RMC Moyen Orient". En plus du financement de ces nouveaux médias, le Congrès américain a débloqué un fond, estimé à 23 millions de dollars (19,8 millions d'euros), pour "aider" la presse arabe "à se restructurer".

"UNE CONCURRENCE ACHARNÉE"

Observateur attentif des médias de son pays, un éditorialiste du quotidien égyptien Al-Goumhouriya compare la politique des grands moyens de l'Amérique et ceux "dérisoires", selon lui, "des islamo-nationalistes". Pour appuyer ses propos, il évoque l'enlèvement, au mois d'août, d'un "courageux" chroniqueur égyptien d'Al-Ahram, Réda Al-Hilal. Un journaliste, écrit-il, qui "défendait le camp des libéraux, et fustigeait ceux qui dénonçaient l'intervention américaine en Irak sans critiquer la dictature de Saddam." L'éditorialiste poursuit : "Dans un de ses derniers articles, il s'en prenait à la dernière élection du (puissant) syndicat des journalistes en Egypte, dont 70 % des représentants élus sont soit islamistes soit nationalistes."
Enfin, dans Al-Ahram Hebdo, Samar Al-Gamal estime, lui, que "les Etats-Unis doivent s'attendre à une concurrence acharnée" car, "dans le monde arabe, ce sont les médias antiaméricains qui ont la plus forte audience."

Publicado por agineotonico às novembro 2, 2003 11:00 AM

Comentários

Tres bon article

Publicado por: ghannam às fevereiro 5, 2004 05:51 PM